Léopold
SURVAGE

(1875 - 1968)

Léopold Survage est né en Russie le 31 juillet 1879, d’un père finlandais et d’une mère danoise. Il voit le jour sur la terre qui a accueilli son grand-père paternel qui avait fondé à son arrivée dans le pays une entreprise de fabrication de piano, transmise de père en fils. Très tôt, le jeune Survage montre un intérêt grandissant et des aptitudes certaines pour le dessin ; toujours premier en la matière, son père le dissuade pourtant fermement de prendre le chemin des arts. Au début des années 1900 et contre l’avis de ce dernier, qui le laisse sans ressources, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Moscou. La vie devient rude pour l’apprenti artiste qui réussit, grâce à l’aide de quelques amis, à trouver de quoi subsister. Mais très vite, la véritable personnalité de Léopold Survage apparait. En effet de ses deux professeurs à Moscou, Pasternak et Korovine, aucun ne contente l’appétit artistique du jeune homme, tout est à son goût trop lent, trop codifié. 

En parallèle, il se mêle à tous les mouvements d’avant-gardes qui inondent progressivement Moscou. 
Il participe notamment à l’exposition Stephanos en 1907. C’est dans cette nouvelle et inédite effervescence qu’il fait la rencontre Alexandre Archipenko, futur compagnon de route. Ces mouvements permettent également de faire parvenir jusqu’en Russie les courants et les artistes qui animent alors les Salons et galeries françaises ; Cézanne, Gauguin, Matisse, tous sont réunis pour satisfaire l'appétit de Survage qui découvre enfin ses maîtres et guides en peinture. Bientôt, la question se posera de quitter la Russie et de venir s’établir en France pour suivre le chemin de ses artistes favoris. C’est en 1909 qu’il quitte Moscou pour toujours, accompagné de son épouse. 
 

Paris, cœur battant de la modernité picturale
 

Le vœu le plus cher de Léopold Survage, dès son arrivée à Paris, est de suivre les cours donnés par Henri Matisse dans l'Académie de peinture qu’il a installée dans l’ancien couvent du Sacré-Cœur. Survage est exalté et fonde beaucoup d’espoir sur cet enseignement. En parallèle, il rencontre son ami Archipenko qui avait rejoint Paris quelques mois auparavant. Ce dernier amène Survage dans tous les milieux intellectuels et artistiques parisiens. Mais chez Matisse, malheureusement, les causes de son désappointement se répètent ; Survage comprend mais s’ennuie vite, il arrive rapidement au constat que la peinture est innée, elle se construit certes mais le socle créatif, base de tout expression, doit y être préexistant. C’est en regardant les œuvres de Cézanne et de Gauguin qu’il réalise la voie qu’il doit emprunter et les lignes qu’il doit épouser. Le rythme d’un côté, celui porté par Cézanne et la spiritualité de l’autre, incarnée par Gauguin, telles seront les deux qualités qu’il érigera en préceptes et qui guideront dorénavant sa peinture. Dans cette nouvelle approche, toujours très personnelle, Survage essaie d’apporter une synthèse des différents mouvements qui traversent alors la France et le monde de la peinture. Certains évoquent chez lui une tentative de lier Cézanne et le cubisme afin de transcender les deux. En effet, les déceptions successives du jeune peintre tantôt en Russie à l’école des Beaux-Arts, tantôt à Paris chez Matisse, lui ont fait réaliser qu’il ne pourrait se révéler qu’en créant sa propre voie. C’est tout le paradoxe qui entoure la personnalité de Léopold Survage, un homme discret, rêveur, en dehors des choses de la vie, presque effacé et qui pourtant est implacable lorsqu’il s’agit de choisir un moyen d’expression artistique.  Dans les années 1920, Survage explique longuement sa pensée, dans la revue Action, « Cahiers de philosophie et d’art ». Il y explique ses recherches, ses expérimentations et ce qu’il attend de la peinture.

 

La rencontre avec la lumière


Quelques années auparavant, la guerre pousse Léopold Survage à se rendre à Nice en 1914. Ce changement lui permet d’ouvrir une nouvelle phase dans son processus créatif, on parle alors de sa “période rose”. Survage entreprend de présenter des toiles dites « symboliques », découpant la toile en plusieurs éléments distincts se superposant et intégrant progressivement la composition. L’arbre devient alors la feuille, la maison devient une porte, le symbole remplace l’idée, la pensée est synthétique et réduite à son plus simple élément. 

Entre la fin des années 1920 et le début des années 30, Survage découvre Collioure, la ville qui avait accueilli avant lui Maillol, Henri Martin, Matisse, Signac mais aussi Derain et même André Masson. Ces séjours à Collioure ont pour effet de libérer le trait de Survage, il se réinvente et renoue avec les expérimentations qui ont toujours fait partie de sa manière de créer et de peindre. Toute cette lumière permet à Survage de renouer avec la couleur, et plus encore, de réintroduire des personnages dans ses compositions. La femme occupe une place centrale durant cette période, il la représente sous toutes les formes, pour exemple son œuvre Baigneuses, qui est l'une des nombreuses représentations féminines de cette période. Il s’arrête longuement sur les métiers féminins, sur des situations de la vie quotidienne et reprend également des scènes religieuses. En 1927, Léopold Survage acquiert la nationalité française.

 

L’exposition Internationale de 1937 à Paris et le séisme de 1940 

 

L’Exposition Internationale des Arts et des Techniques de 1937 représente une véritable opportunité pour Léopold Survage. Ce dernier désire en effet depuis de nombreuses années peindre sur de grandes surfaces, cette exposition lui en donnera l’occasion. En réalité, c’est Robert Delaunay qui s’adresse directement à Survage, son vieil ami, pour collaborer à ce grand projet. Ainsi, à côté de Dufy, Léger, Herbin, Metzinger et Valmier qui ont eux aussi reçu des commandes, Delaunay et Survage se mettent au travail ; ils ont en charge la décoration des Palais des Chemins de Fer et de l’Aviation. Les travaux de Survage pour le Palais des Chemins de fer lui vaudront une médaille d’or. 

L’annonce de la déclaration de guerre avec l’Allemagne choque profondément l'artiste, qui en réaction choisit le mythe d’Icare dans son œuvre La chute d’Icare de 1940 ; un moyen pour lui d’exorciser ses angoisses face au péril qui vient de se déclencher. Survage, pendant toute la durée du conflit, jette sur la toile tous ses thèmes fétiches, certainement pour se réfugier dans un univers qu’il maitrise, à l’abri de la folie des hommes. 

Ainsi, dès 1945, Léopold Survage jouit d’une renommée et une d’activité importantes. Il expose aux quatre coins du monde et s’inclut au sein de plusieurs groupes et mouvements ; que ce soit chez les cubistes ou dans l’abstraction, Survage trouve toujours une place de choix. A la fin de la guerre, Survage réalise un certain nombre d’œuvres importante comme Papillon, L’oiseleur ou Pax.

Les dernières expérimentations 
 

Léopold Survage, fidèle à lui-même, continue de rechercher, d’expérimenter, de découvrir de nouveaux procédés et manières de peindre. L’une de ses grandes obsessions et d’assurer à son œuvre la postérité. Il prend pour exemple les mosaïques et les céramiques découvertes à Pompéi qui, deux mille ans plus tard, gardent encore leurs brillan d’antan ; Survage en est fasciné. Ainsi, il consacre, entre autres choses, les dernières décennies de sa vie à la confection d’un revêtement parfait pour la fresque de cent vingt-cinq mètres de long qu'il est chargé de réaliser en 1959 pour le Palais du Congrès à Liège. 
Léopold Survage s’éteint à l’âge de quatre-vingt-neuf ans à Paris.

 

BRAFA 2023
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