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Sous-bois ou Pins en Provence, vers 1909

Huile sur papier marouflée sur toile, cachet en bas à droite.
73 x 60 cm

Historique : 
Ancienne collection Simone et André Lhote
Ancienne collection Christophe Martin 

Exposition :
Galerie Victor Waddington, mai-juin 1971, reproduit en couleurs, n°1 du catalogue (indiqué comme 1908).

Certificat établi par Mme Dominique Bermann-Martin, ayant-droit de l'artiste. 

 

Cette peinture d’André Lhote, représentant un sous-bois aux formes cernées et anguleuses, dans une veine expressionniste, est datée des environs de 1909.

La composition se déploie verticalement dans des tonalités de bleu, vert, jaune-orangé et violet, et cette juxtaposition par aplats de couleurs complémentaires confère un grand dynamisme à l’ensemble. 

D’autre part, cette oeuvre est peinte sur papier et marouflée ensuite sur toile, ce qui peut sembler assez inhabituel mais révèle une réelle ambition de l’artiste, décrite dans son Traité du Paysage paru en 1939 : 

« J’ai parlé de la peinture sur papier. On ne se doute pas de la quantité d’œuvres, même de grandes dimensions, qui ont été peintes ainsi, au cours des âges. (…) Le papier, lorsqu’il est collé sur toile ou sur panneau, à la caséine, offre un support excellent. Rouault n’a jamais peint autrement. La peinture doit être étendue vivement en couches très minces diluées dans de l’essence minérale raffinée, l’huile brûlant le papier. 

Dans la Gazette des Beaux-Arts de septembre 1933, M. Van den Bergh, peintre et restaurateur, explique que le merveilleux état de la Vierge aux Chérubins de Rubens, au Louvre, tient à ce qu’elle est peinte sur papier (les traces de marouflage sont apparentes dans les coins du tableau). Le Charles 1er de Van Dyck est peint sur six lés de papier qui se chevauchent…

Ce bref exposé serait incomplet si la question du véhicule n’était pas effleurée. L’essence de térébenthine rectifiée et très fraîche qu’employait Cézanne paraît constituer un médium assez heureux…»

Lhote poursuit en évoquant les différents médiums permettant d’obtenir les meilleurs résultats, montrant qu’il a longuement éprouvé les spécificités de la peinture sur papier. 
Son ami Georges Rouault était également un adepte de cette technique et les deux artistes discutaient régulièrement de ce sujet qui les tenait à coeur. 

Au dos du châssis, une inscription contemporaine de l’artiste (probablement réalisée sous sa dictée), mentionne le titre de « Pins en Provence » que nous avons souhaité conserver bien qu’il est probable que le sous-bois représenté ne se trouve pas en Provence, d’où le choix d’un titre secondaire pour cette oeuvre.