Félix ZIEM

Félix ZIEM (1821 - 1911)

Félix Ziem naît à Beaune en 1821. Son père, un émigré Polonais qui aurait été fait prisonnier au siège de Dantzig en 1804, s’était finalement établi en Bourgogne où il exerçait le métier de tailleur. En 1833, la famille quitte Beaune pour s’installer à Dijon. L’année suivante, le jeune-homme, qui a suivi une scolarité assez médiocre, est placé en apprentissage chez un architecte ami de la famille.
L’année 1837 est marquée par la mort de sa mère. Il obtient peu après une bourse départementale qui lui permet de s’inscrire aux Beaux-Arts de Dijon dans la section architecture, mais son indiscipline est bientôt sévèrement sanctionnée il est exclu de l’école. Profondément déçu de ne pas pouvoir poursuivre son apprentissage à Paris, Ziem quitte Dijon pour rejoindre son demi frère François, courtier de commerce à Marseille. Il est alors engagé comme conducteur de travaux sur le chantier naval du canal de Marseille. Il effectue des relevés et plans du canal de Roquefavour et en profite pour réaliser de nombreux croquis et aquarelles sur le motif. En 1839, le Duc d’Orléans, de passage dans la région pour l’inauguration du Palais Longchamp, lui commande une série de dessins. Encouragé par ce succès, Ziem ouvre un atelier près du port, où il enseigne en cours privé à de nombreux élèves l’aquarelle et le dessin, tandis que lui même suit les cours privés d’Aubert. Il réalise ses premières peintures à l’huile, encouragé notamment par Emile Loubon (directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille) et Gustave Ricard. De nombreux marseillais fortunés, dont l’industriel et armateur Jules Charles-Roux commencent à s’intéresser à son travail et à acheter ses œuvres. Sa carrière est lancée.

Après celui de Marseille, sa situation financière lui permettra d’acquérir plusieurs autres ateliers à Nice, Barbizon, Paris et Martigues, entre lesquels il partagera son temps en allers retours permanents. A Montmartre, rue Lepic, le jardin de son atelier est encombré de souvenirs de voyages, agencés à la manière d’un décor de théâtre… A Martigues, l’atelier est construit sur les plans d’une mosquée. Ziem, affabulateur et facétieux, aime à se costumer, n’hésite pas à conduire ses biographes vers des pistes improbables. La vie de Ziem est marquée par des voyages incessants ; l’Italie et l’Orient l’inspirent tout particulièrement. C’est en 1842 qu’il découvre pour la première fois l’Italie : Gênes, Florence, Rome, Bologne et bien-sûr Venise qu’il gagne par bateau.

Entre juin 1843 et septembre 1844, Ziem est en Russie. Un séjour placé sous la protection du Prince et de la Princesse Gagarine, rencontrés à Baden-Baden, au retour d’Italie. Berditcheff, Baranovka, Kiev, Moscou, Saint Petersbourg, la Neva… Dans l’entourage du Prince et de l’aristocratie, ses affaires prospèrent. Cependant la Russie l’inspire guère et cette vie mondaine commence à le lasser ; il hâte son retour en France, après une escale à Copenhague.
Entre 1846 et 1848, Ziem est à nouveau en Italie. Avec ses amis, le peintre Arminius Mayer et sa femme, il séjourne au lac de Côme, et plus longuement à Florence. Il se rend ensuite à Bologne, Imola et Venise, où il achète une barque à fond plat qu’il aménage en atelier. Padoue, le Vésuve et la baie de Naples sont les dernières étapes de ce long séjour. Au cours des années suivantes, le peintre traversera les Flandres, s’attardant à Bruges, Gand, Anvers et Amsterdam.

En 1856, il pousse enfin les portes de l’Orient. Il est à Constantinople de juillet à août, puis se rend en Egypte, à Beyrouth et à Damas. Le chemin du retour est ponctué de plusieurs escales en Grèce et en Sicile. Entre 1860 et 1885, l’artiste effectuera de nombreux séjours à Venise, irrémédiablement attiré par celle qui ne cessa d’animer ses pinceaux.
Ziem meurt en 1911, âgé de 90 ans et comblé d’honneurs. Une importante donation posthume des œuvres du maître est faite à la ville de Martigues, respectant ainsi les vœux de l’artiste.