Edouard VUILLARD (1866-1940)

Edouard Vuillard naît le 11 novembre 1868 à Cuiseaux en Saône-et-Loire. Issu d’un milieu modeste, sa mère est corsetière. La famille s’installe à Paris en 1877 et Vuillard débute sa scolarité au lycée Condorcet où enseignent Bergson et Mallarmé. Il rencontre alors Maurice Denis, Lugné Poe, Kerr-Xavier Roussel.

Après un passage par l’Académie Julian il intègre l’Ecole des Beaux-Arts en 1887 et se rapproche rapidement d’un groupe de peintres novateurs - les Nabis - porté par l’influence de Paul Gauguin et d’Emile Bernard. Le mouvement se forme en 1889 autour de Paul Ranson, Paul Sérusier, Maurice Denis et Pierre Bonnard. Vuillard garde, au début en tout cas, une certaine distance avec cette « confrérie » détachée de toute convention académique.

En 1889, Vuillard expose pour la première fois au Salon des Artistes Français. Il s’installe dans un petit atelier au 28 rue Pigalle avec Pierre Bonnard et Maurice Denis. En 1891 il rencontre Thadée Nathanson, devenu cette même année directeur de la Revue Blanche, qui lui consacre une importante exposition dans ses locaux, lieu de rencontres entre intellectuels et artistes. Thadée et sa femme, Misia, introduisent le peintre à l’avant-garde parisienne et lui ouvrent les portes d’un microcosme culturel qui donne à son œuvre une nouvelle dimension. Cette même année, il expose à la galerie de Le Barc de Boutteville à Saint Germain-en-Laye aux côtés des Nabis.

Edouard Vuillard, dans les années 1890, se fait également connaître grâce à la réalisation de grands décors, notamment avec les Panneaux Desmarais en 1892. Initié à cette pratique par ses collaborations avec le Théâtre de l’Oeuvre en 1891 et 1892, le peintre réalise en 1894 une œuvre monumentale, les Jardins publics, neuf grands panneaux ornant la salle à manger d’Alexandre Natanson – frère de Thadée - et execute quatre panneaux pour le docteur Vaquez en 1896. De 1893 à 1894, le peintre dessine également des décors de théâtre pour Lugné-Poe. L’artiste s’inscrit ainsi dans une démarche de décloisonnement entre peinture et décor à la fin du XIXe siècle, déjà initiée par les Nabis.

Ces années sont également celles qui consacrent l’œuvre d’Edouard Vuillard et font sa célébrité. Il peint des intérieurs intimistes dans de riches décors ornés de papiers peints et joue des effets de matières. Loin d’être anecdotiques, ces scènes d’intérieur sont également le reflet d’un gout prononcé pour le théâtre et la littérature dans lesquels les personnages évoluent au rythme de l’histoire qu’ils racontent. L’influence des maîtres rencontrés au Louvre - Chardin et les peintres hollandais du XVIIe siècle - s’estompe pour révéler la fièvre des Nabis et avec elle l’explosion de la couleur, naissante sous l’impulsion de larges aplats et de formes déformées. 

Dès 1900, le peintre se rapproche de galeries en vogue, notamment Bernheim-Jeune, et commence à travailler exclusivement avec le marchand Jos Hessel, neveu d’Alexandre Bernheim. Sa femme, Lucy, deviendra la muse et l’amante de Vuillard pendant quatre ans. Il entre alors dans le monde des hommes d’affaires et des politiciens. Sa peinture s’assagit voire s’assombrit, elle retrouve plus de douceur, ravivant son goût du naturalisme et des compositions structurées.

Durant cette période, Vuillard peint une importante série de portraits de la Haute Société et déclare: « Je ne fais pas des portraits, je peins des gens chez eux ».  Il reçoit à la fin de sa vie des commandes d’Etat et devient membre de l’Institut de France en 1937. Sa première grande rétrospective est organisée au Musée des Arts Décoratifs en 1938.

Edouard Vuillard meurt le 21 juin 1940 à La Baule où il s’était réfugié pendant la guerre.