Louis Mathieu VERDILHAN

Louis Mathieu VERDILHAN (1875 - 1928)

Peintre autodidacte, Louis Mathieu Verdilhan s’inscrit dans la tradition des paysagistes provençaux de la seconde moitié du XIXème siècle, qu’il admire profondément. Fortement attaché aux apports de ses prédécesseurs, il n’est pas pour autant insensible aux bouleversements picturaux qui interviennent à l’aube du XXème siècle.
Ce n’est qu’à partir de l’année 1909 que les œuvres de Verdilhan commencent à payer un certain tribut au fauvisme. Il explore certaines facettes du mouvement d’une manière très personnelle, lui permettant d’avancer dans ses propres recherches, chromatiques et formelles. Le fauvisme aurait agi sur Verdilhan comme une sorte de révélateur, apportant une réponse collective à des interrogations qui taraudaient le peintre depuis quelques temps déjà. De cette explosion fauve, il intercepte les éclats, qui sont autant de fragments de matière en fusion qu’il travaille avec précaution, intégrant avec parcimonie dans son œuvre certaines innovations, adaptant les solutions apportées par le fauvisme à ses propres questionnements. Il apprend ainsi à franchement transposer les couleurs et à les étirer en aplats, commence à envisager un étagement des plans qui crée une perspective singulière.

En 1909, il expose à Paris chez Bernheim, aux côtés d’Edmond Cross, Félix Vallotton, Paul Signac, Pierre Bonnard et Edouard Vuillard. Cette année là, à la demande de Joachim Gasquet, il réalise une série de toiles qui ont pour sujet le parc de Versailles.
L’année suivante, son travail est présenté à la galerie Druet, autour des œuvres d’Henri Manguin, Albert Marquet et Henri Matisse.

Entre les années 1910 et 1914, Verdilhan partage son temps entre Paris et Marseille.
Il participe à la « Renaissance provençale » chère à Alfred Lombard et Pierre Girieud, qui ambitionnent de faire de la cité phocéenne un pôle artistique plus dynamique.
Une exposition consacrée à l’artiste se prépare à Leipzig, mais la guerre empêchera sa réalisation. Il faut dire que les préoccupations de Verdilhan, particulièrement depuis 1911, le rapprochent sensiblement du travail des expressionnistes allemands, et notamment du groupe Der Blaue Reiter qui vient de se créer autour de Kandinsky, Franz Marc et August Macke. Pierre Girieud fait le lien entre ces mouvements étrangers d’avant-garde et ses compagnons marseillais, particulièrement grâce aux rapports qu’il entretient avec Adolf Erbslöh, cofondateur de la Nouvelle Association des Artistes Munichois (NKV).
Verdilhan explore ainsi les lignes sinueuses et anguleuses, les découpes acérées, les aplats triangulaires. Sa palette prend des tonalités acides dans des compositions où perce l’inquiétude intérieure de l’artiste.

A partir de 1914, l’œuvre de Verdilhan prend une direction différente, trouvant dans les années 1920 une forme synthétique d’expression de la modernité.
Son ami le sculpteur Antoine Bourdelle l’engage à exposer aux Etats-Unis et un partenariat est amorcé avec la galerie New-yorkaise Kraushaar en 1923. Cependant, le succès outre Atlantique n’est pas au rendez-vous et l’artiste restera meurtri par cet échec commercial.
Verdilhan reste aux côtés de René Seyssaud et Auguste Chabaud l’un des étendards de la modernité en Provence. Si chacun d’eux a suivi un cheminement artistique très personnel, leurs noms ont cependant régulièrement été accolés pour souligner une forme d’expression innovante et susceptible d’inspirer dans la région la jeune génération.