Louis VALTAT

Louis Valtat et Pierre-Auguste Renoir. Crédit photo : Association des Amis de Louis Valtat.

Louis VALTAT (1869 - 1952)

Louis Valtat est né à Dieppe en 1869. Sa famille emménage ensuite dans l’Eure, à Bernay, petit village dont est originaire sa mère. Quelques années plus tard, en 1880, c’est à Versailles, que les Valtat décident de s’installer. Tandis que son père François Victor Valtat, armateur et peintre, expose au premier Salon des indépendants en 1884, le jeune homme entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1886, dans les ateliers de Jules Lefebvre et Gustave Boulanger. Dès l’année suivante, il choisit de poursuivre sa formation au sein de l’Académie Julian, sous la direction de Jules Dupré ; il y rencontre notamment ses futurs amis Pierre Bonnard et Albert André. 
En 1889, il expose pour la première fois au Salon des Indépendants. Il effectue de nombreux séjours à Banyuls et à Collioure où il fait la connaissance d’Aristide Maillol. Il se rend également en Espagne, à Arcachon, puis à Agay et Anthéor avec sa femme Suzanne. 
Si Louis Valtat a souvent été présent à l’occasion de rétrospectives contemporaines consacrées au fauvisme, le rapprochement de son œuvre avec cette esthétique est aujourd’hui plus nuancé. 
La côte méditerranéenne qu’il découvre au début des années 1890, rejoignant Edmond Cross près du Lavandou, marque durablement son travail. De santé fragile, il passera ses hivers jusqu’en 1914 au Roucas-Rou, la maison qu’il s’y fait construire et qui domine la falaise. Il réalise alors une série de marines consacrées à Agay, dévoilées pour la première fois chez Durand-Ruel, à l’occasion d’une exposition collective initiée par Paul Signac. En 1904, les œuvres inspirées par le site constituent encore la majorité des tableaux de la première exposition personnelle de Valtat, à la galerie Vollard. Renoir et Signac font partie des premiers acquéreurs.

Ancrée dans la tradition et novatrice à la fois, l’œuvre de Valtat donne naissance à des interprétations ambigües. Pas plus fauve que nabi, bien qu’il fréquentât, à l’Académie Julian, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Félix Vallotton.
Cette incertitude quant aux positions de l’artiste est accrue par le fait qu’il n’a laissé aucun écrit susceptible de venir y apporter des éclaircissements.
Valtat apparaît comme insaisissable, réalisant souvent sur la toile la synthèse entre des éléments que l’on pensait antinomiques. Des éléments qu’une sensibilité instinctive saisit au vol, à la faveur d’un esprit que l’on devine curieux et ouvert aux expérimentations. Il concilie ainsi une incroyable puissance d’exécution avec une volonté décorative totalement assumée et qui caractérise une grande partie de son œuvre.
Les vues d’Agay, notamment, deviennent un motif répétitif dans lequel l’artiste exerce le recours à une gamme de couleurs de plus en plus restreinte (bleu, vert, rouge).
Valtat intègre tout à la fois, et presque de manière aléatoire dans ses œuvres, un travail d’aplanissement de la forme hérité du japonisme, un traitement directionnel de la touche observé chez les impressionnistes et revisité par le divisionnisme et le pointillisme, un usage de la couleur pure cher aux fauves… 
Par ces expérimentations instinctives, Louis Valtat participe surtout à la cohérence d’une transition entre la tradition impressionniste et l’émergence du fauvisme.
Il intervient à la genèse du mouvement, sans pourtant s’y engager, en créant une sorte de lien entre différentes tendances, qui intrigue et fascine plusieurs de ses contemporains.