Adolphe MONTICELLI

Portrait d'Adophe Monticelli par J. Monge.

Adolphe MONTICELLI (1824 - 1886)

Adolphe Monticelli nait en 1824 à Marseille. Mais ses parents, qui ne sont pas mariés à sa naissance, ne le reconnaitront qu’onze ans plus tard. En attendant, l’enfant est confié en nourrice à des paysans de Ganagobie, dans les Alpes, où il est élevé dans la plus grande liberté. Lorsque Monticelli rejoint Marseille, après que ses parents l’ont reconnu, c’est pour lui le début d’une vie nouvelle et inhabituelle. Il se réfugie dans sa passion pour le dessin et suit les cours d’Augustin Aubert à l’école des Beaux-Arts. Il s’inscrit aussi à l’atelier d’aquarelle de Félix Ziem. Toute sa vie, le peintre fera des va et vient entre Marseille et la capitale. Mais une autre passion le taraude : l’opéra, et si la peinture prend le dessus, il ne délaissera jamais pour autant ce violon d’Ingres.

L’œuvre de Monticelli a été abondamment étudiée, en France et à l’étranger, et l’intérêt qui lui est porté n’a jamais faibli. Pour preuve l’exposition organisée par la Vieille Charité à Marseille en 2008, qui a rapproché deux artistes à part dans le XIX° siècle : Monticelli et Van Gogh. En effet, Monticelli doit beaucoup de sa notoriété (surtout à l’étranger) à l’admiration qu’il a suscité chez Van Gogh, une véritable émotion que celui-ci fera partager à son frère Théo dans leurs correspondances. C’est ainsi qu’un public plus large accède à l’œuvre de l’artiste, cherchant dans son travail foisonnant les traces du génie décelé par Van Gogh. De Narcisse Diaz de la Pena, le barbizonien romantique, à Eugène Delacroix, le fougueux coloriste, les influences directes de Monticelli exaltent le meilleur des recherches picturales de la fin du XIX° siècle pour leur donner une signification propre.
Monticelli est non seulement un excellent portraitiste mais aussi un paysagiste expert. Son œuvre puissante se construit sur une mythologie inspirée du théâtre, de l’opéra, des figures de Watteau, auréolée des lumières du pays rugueux de Ganagobie où il a passé son enfance. Un génie que l’historien d’art Germain Bazin qualifia de “chaînon nécessaire entre Delacroix et Van Gogh”.

Portrait d'Adophe Monticelli par J. Monge.