Jacques MARTIN FERRIERES (1891-1972)

Par Marie-Anne Destrebecq-Martin

Quatrième fils du peintre Henri Martin, Jacques Martin-Ferrières est très tôt à bonne école sous la conduite de son père. Il se consacrera définitivement à sa passion de la peinture après des études de chimie, qui lui permettront, initié aux exigences des pigments, de préparer lui-même ses couleurs.

Il débute par des décors d’intérieur, des portraits féminins, dèjà sur fond de grands paysages aux traits expressifs. Curieux de tout, musicien - d’un excellent niveau en violoncelle et en piano - il aime fréquenter les théâtres et les concerts où il croque visage après visage d’un crayon ferme et facétieux. Ses premières expositions au Salon (1920, 1923) sont un succès. En 1924 il y obtient une bourse qui lui ouvre les portes du traditionnel voyage en Italie: il peint alors Venise, Florence, Rome, Assise, Il y prend le goût du voyage, et vivra désormais sillonnant l’Europe - Espagne, Italie, Grèce, Croatie, Ecosse, Hollande, Allemagne, Suisse - l’été en voyage le pinceau aux doigts dès qu’un motif l’arrête, l’hiver dans son atelier, nourrissant ses oeuvres de l’expérience du voyage. Les fleurs retiennent souvent aussi l’attention de ce coloriste, celles du jardin, planté en vue de futures compositions, ou en bouquets cueillis pour l’atelier. En 1928, il entreprend la réalisation du décor de l’église St Christophe de Javel à Paris. Le succès de cet ensemble lui apporte d’autres commandes, à St-Ouen, Romans-sur-Isère, Montauban, St Louis à Marseille.

La guerre vient mettre un frein à cet élan magnifique. Jacques, suite aux brutalités subies alors, perd peu à peu l’usage d’un oeil: le peintre ne réapparaîtra qu’en 1956, mais finies les grandes compositions dans lesquelles sa vitalité, son talent et son regard chaleureux mais toujours un peu moqueur s’étaient si bien exprimés. Il recommence cependant à voyager, notamment aux Etats-Unis où il exposera régulièrement. Jusqu’à sa mort il peindra, jusqu’à sa mort il exposera. Les paysages et les fleurs de Martin-Ferrières nous tiennent aujourd’hui compagnie avec autant de vie, de chaleur et de couleur que s’il allait entrer dans la pièce.