Gustave LINO

Gustave LINO (1893 - 1961)

Gustave Lino est né en 1893 à Mulhouse. A l’âge de vingt ans, il se rend à Marseille, découvre la Provence et la Méditerranée. Il s’intéresse alors déjà à la peinture, appréhendée à l’occasion de nombreuses visites au musée de sa ville natale, mais il n’a encore suivi aucune formation dans ce domaine. A Marseille, loin de chez lui et désœuvré, le jeune homme décide, presque sur un coup de tête, de s’embarquer pour Alger, sans vraiment savoir ce qu’il y découvrira… Son maigre bagage rassemblé, il grimpe sur un navire, sans billet. A son arrivée, la ville le séduit. Il s’y trouve bien et décide d’y demeurer.
Dès le début de la première guerre mondiale cependant, Lino, d’origine alsacienne, est interné civil au couvent de Corbara, en Corse, où sont également envoyés des prisonniers de guerre allemands. Dans le camp d’internement, la vie s’organise pourtant de manière assez libre et Lino va profiter de cette parenthèse pour apprendre les rudiments de la peinture aux côtés d’un peintre allemand comme lui interné civil. Il réalise d’ailleurs quelques décorations d’édifices à travers l’île.
A la fin de la guerre, c’est à Alger qu’il décide de retourner s’établir. Il va suivre l’enseignement du peintre Georges Rochegrosse et commence à exposer à Paris, dans les Salons et galeries. Pour perfectionner sa formation, il entreprend ensuite un long séjour en Espagne où il étudie le clair-obscur. De retour en Algérie, il s’intéresse de près à la peinture d’Albert Marquet qui le séduit particulièrement. Cette netteté tout en transparence, cette harmonie des lignes et des tons devient son idéal de perfection.
Il se spécialise dans les natures mortes, les paysages algériens et les marines. Travail d’atelier ou en plein air, son pinceau saisit l’essentiel dans des formes simples. Coloriste avant tout, Gustave Lino attache une grande importance à la maitrise du métier, bien qu’il se soit formé sur le tard. Les algérois adoptent ce peintre qui partage depuis longtemps la vie de leur cité et s’est si naturellement mêlé à leur communauté. Certains critiques ont rapproché son travail de celui du groupe des peintres dits de la Réalité poétique (Brianchon, Legueult, Caillard, Limouse, Cavaillès, Oudot, Planson et Terechkovitch), qui avaient pour caractéristique commune d’interpréter le réel en peinture de manière poétique.
Lino entreprend plusieurs voyages. En Tunisie, où il s’était rendu pour quelques jours, il s’attarde six mois à Sidi-Bou-Saïd, croquant tous les recoins de la ville, saisissant au vol les habitudes des habitants. Il passera six mois aussi aux Baléares et plus tard à Majorque. Il retourne en Corse, longtemps après son internement et parcourt l’île pendant plusieurs mois. En 1954, il séjourne quelques semaines à Venise et les œuvres rapportées sont l’occasion d’une exposition qui remporte un réel succès.