Pierre GIRIEUD

Pierre GIRIEUD (1876 - 1948)

Pierre Girieud est né à Paris le 17 Juin 1876. D’une famille provençale, le peintre autodidacte quitte le sud de la France en 1900, une fois son service militaire terminé et part s’installer près de la Place du Tertre à Montmartre aux côtés des plus grands noms de l’Art Moderne, Braque, Kandinsky, Monge, Lempereur, Launay, Villon, Marquet, Manguin, Camoin, De Mathan, Puy et Picasso notamment.

L’artiste fréquente régulièrement le « Lapin Agile », célèbre lieu de rencontre où se retrouve la bohème montmartroise. Aiguillon actif du milieu intellectuel et artistique du début du XXe siècle, Girieud a une approche résolument novatrice de la peinture et s’attache à repousser les limites de la représentation traditionnelle par la force d’intenses recherches plastiques, s’inscrivant notamment dans les courants du fauvisme et de l’expressionnisme.

Remarqué lors de la première exposition organisée à la galerie Berthe Weill en 1901, Girieud est approché par de nombreux marchands qui s’intéressent à son travail. Cependant, l’artiste soucieux de sa liberté artistique et de ses « avancées picturales » ne se reconnait pas dans les contraintes qu’impose le marché de l’Art.

La palette fauve de Girieud que l’on retrouve dans son oeuvre « Perroquet et Oranges » (1902) annonce son affiliation au mouvement mené par Matisse et Derain. Le peintre participe au Salon des Indépendants de 1903 et 1904 puis au Salon d’Automne de 1905 et 1907. Sa facture expressionniste, cernée de noir, et dans laquelle les ombres trouvent une nouvelle intensité, apparaît quant à elle dès 1905 et reste nettement influencée par la découverte des toiles de Gauguin. Sous l’impulsion de son amitié avec Kandinsky, Girieud est le premier artiste français à intégrer les principes expressionnistes allemand et participer à la Nouvelle Association des Artistes de Munich - N.K.V.M. Il fait ensuite le lien entre les artistes français et allemands.

Avec son ami, le peintre Alfred Lombard, Pierre Girieud, trouve une nouvelle résonance dans la scène artistique provençale, portée par la beauté de la lumière méridionale. Ensemble, ils organisent les Salons de Mai (1912 et 1913) première exposition de cette envergure dans le sud de la France, réunissant à Marseille, Van Dongen, Bonnard, Marquet ou encore Friesz.

Lors de son voyage en Ombrie (Italie) en 1906, Girieud éprouve une profonde fascination pour l’art des Primitifs Siennois. Ce choc pictural le marquera jusqu’à la fin de sa vie. En 1912, attiré depuis de nombreuses années par les grands décors et la technique de la fresque, le peintre réalise les peintures décoratives de la chapelle provençale de St Pancrace à Pradines dans un style pictural nouveau: une palette et une facture apaisées, un style plus classique empreint de ses références à la Renaissance et à la peinture de Puvis de Chavannes. En 1913, il expose à la très célèbre « Armory Show » de New York.

Durant la Grande Guerre Pierre Girieud est appelé au front. La perte de certains de ses amis les plus proches et les atrocités auxquelles il assiste marquent profondément Pierre Girieud qui se réfugie dans une vie nouvelle, partagée entre Paris et la Provence. Ses recherches plastiques s’articulent dès lors majoritairement autour de la fresque, technique qu’il enseigne au Caire.

Pierre Girieud meurt le 26 Décembre 1948 à l'âge de 72 ans, laissant une oeuvre qu’il est impossible de catégoriser. Singulière par sa poésie, empruntée aux préceptes nabis et à son passé symboliste, sa force expressionniste et sa palette fauve, la peinture de Girieud ne s’inscrit pas dans un courant mais témoigne avec ferveur d’un riche héritage artistique et d’une incroyable volonté novatrice.

« Je voudrais arriver à peindre comme un figuier produit des figues, il ne se soucie point de savoir s’il y en a de pourries, ou mangées par les oiseaux du ciel, il remplit sa fonction de son mieux. Je désirerais bien être un bon figuier ! ».