Shepard Fairey (1970)

Shepard Fairey naît à Charleston en Caroline du Sud en 1970. À quatorze ans il fréquente déjà les scènes de skateboard et communautés punk-rock, se frayant une place dans le milieu underground, puis décide d’intégrer la Rhôde Island School of Design à Providence. De 1989 à 1992 il se spécialise dans l’illustration et applique directement cet enseignement à la production de tee-shirts et de skateboards floqués de ses créations graphiques engagées – son slogan : « Manufacturing quality dissent since 1989 » (fabrication de contestation de qualité depuis 1989).

Dès 1989, avec quelques uns de ses camarades, il est à l’origine du projet « Andre the Giant Has a Posse», un sticker qui envahit clandestinement ces mêmes communautés underground, une « private joke », puis se propage finalement jusqu’à devenir un phénomène international. L’image du lutteur français, André Roussimoff, simplement trouvée dans un journal américain naît ainsi sous les traits iconiques de Shepard Fairey, qui produit en réalité tout un symbole de contestation et de rébellion.

Suite aux attaques de Titan Sports, détenteurs de la marque déposée « Andre the Giant », Shepard Fairey renomme ironiquement sa campagne, et sa signature, « Obey the Giant » en 1998. Cette forme impérative – Obey pour obéis en français - manifeste ouvertement et publiquement son refus d’obédience dont son sticker devient l’emblème international et dans lequel des milliers des personnes à travers le monde se retrouvent.

La production d’Obey devient peu à peu omniprésente. Elle dépasse les frontières américaines et devient partie intégrante de notre environnement; de pochettes d’album aux milliers d’affiches collées clandestinement à ses œuvres murales habillant nos milieux urbains, elles entrent dans l’espace public et impactent directement nos vies.

En 2008, Obey réalise le portrait de Barack Obama durant sa campagne présidentielle, ce qui marque un tournant définitif dans sa carrière d’artiste et d’activiste. Cette affiche, HOPE, devient une icone, empreinte d’espoir et un symbole de révolution. Obey gagne alors l’attention internationale et se retrouve dans les médias du monde entier.

Obey puise ses influences dans l’antagonisme ; la propagande politique populiste et la publicité commerciale issue de la mondialisation. Ses références incluent les muralistes mexicains et notamment l’œuvre de Diego Rivera forte d’un énorme pouvoir social, mais aussi le Pop Art d’Andy Warhol et sa portée virale, ou encore le graffiti, le constructivisme d’Alexander Rodtchenko et les théories Marxistes. Shepard Fairey vit et travaille à Los Angeles, en Californie.