David DELLEPIANE

David DELLEPIANE (1866 - 1932)

La famille de David Dellepiane, originaire de Gênes, s’installe en 1875 à Marseille, dans le quartier Saint-Jean, qui accueille alors la plupart des immigrés. Le jeune-homme, issu d’une lignée d’artisans d’art, suit l’enseignement de l’Ecole des beaux-arts de la ville. 
Il complète ensuite quelques temps sa formation à Paris où, en cette fin de siècle, il fréquente l’atelier de Jules Chéret. Influencé par l’esthétique Art Nouveau et le japonisme, auxquels il emprunte notamment une interprétation particulière de la mise en page du sujet par le cadrage, il se laisse également séduire par le rendu pointilliste, qu’il adapte dans une touche vibrante sans toutefois lui associer le divisionnisme des couleurs : il lui suffit de s’approprier cette juxtaposition de touches orientées qui confère à ses compositions une sorte de flou accentuant la mise à distance du sujet. 

Cette transposition du sujet, Dellepiane l’explore au travers du santon d’argile, artefact d’art populaire typiquement provençal auquel il va donner vie dans une très nombreuse série de travaux qui l’occuperont à partir de la première décennie du XXème siècle. La plus édifiante illustration de ces recherches fut le monumental décor réalisé pour l’hôtel Le Provençal de Juan les Pins, commandité par l’homme d’affaires américain Franck Jay Gould dans les années 1920.
David Dellepiane n’abandonne pas pour autant ses activités d’affichiste et d’illustrateur et la fameuse affiche mettant en scène le mythe de Gyptis et Protis réalisée à l’occasion du 25ème centenaire de la fondation de Marseille, sera suivie de bien d’autres réalisations marquantes : affiches pour les expositions coloniales de 1906 et 1925, publicité pour les cigarettes Le Nil, contrat avec la compagnie ferroviaire du PLM (Paris Lyon Méditerranée)…

L’artiste décède en 1932. En 1999, à Marseille, une grande rétrospective est consacrée son œuvre, dans toute sa diversité.
A la fin de l’année 2010, la galerie rend également hommage à David Dellepiane dans la première exposition monographique qu’elle organise, présentant plus de 80 œuvres, inédites pour la plupart, de cet artiste singulier.