BEN VAUTIER

BEN VAUTIER (1935)

Ben, de son vrai nom Ben Vautier, est né le 18 juillet 1935 à Naples en Italie. De mère irlandaise et occitane et de père suisse francophone, l’artiste est dès sa naissance, plongé dans un profond multiculturalisme.

En 1939 la guerre éclate. Le jeune Ben et sa mère vont alors entreprendre des voyages en Suisse, en Turquie, en Égypte, et en Italie pour enfin s’installer à Nice en 1949, qui deviendra une réelle terre d’adoption pour l’artiste.

Après des études à l’école du Parc-Impérial et à la pension du collège Stanislas, sa mère lui permet d’intégrer la librairie Le Nain Bleu et lui achète ensuite une librairie-papèterie que Ben revendra quelques années plus tard pour faire l’acquisition d’une boutique de disques d’occasion. Cet espace atypique à la façade décorée d’objets de toutes sortes fait sensation dans le paysage niçois et devient rapidement un lieu de rencontre pour les artistes de l’École de Nice, dont César, Arman, Martial Raysse.

Nourri par ces influences mais également par une profonde admiration pour le travail de Marcel Duchamp, Ben développe un style très personnel dans lequel il met l’objet au défit de l’art. Basant ses théories sur les principes du readymade, Ben déclare que la signature fait l’œuvre d’art et signe tout, jusqu’à sa propre fille. Dans les années 50, ses fameuses « bananes » aux traits simplifiés annoncent déjà les préceptes défendus par la star du Pop Art, Andy Warhol. Les éléments hétéroclites qui composent les œuvres de Ben sont régulièrement accompagnés de textes, qui, dès les années 60, constituent l’essence de sa démarche artistique. Son écriture singulière, pâteuse et ses messages impertinents et justes sont alors à rapprocher du lettrisme.

Proche des Nouveaux Réalistes et notamment d’Yves Klein, l’art selon Ben est partout. Il doit « être nouveau, apporter un choc » et s’ouvrir à de nouvelles possibilités. De 1962 à 1970, Ben fait partie du groupe Fluxus aux côtés de John Cage et Al Hansen. Dès 1965, Ben emménage un petit espace d’exposition dans sa boutique, « Laboratoire 32 », dans lequel il présente les œuvres de Biga, Alocco, Venet, Maccaferri, Serge III, Sarkis, ou encore Filliou. Aiguillon actif de la scène artistique, Ben se rapproche dans les années 80 des membres de la Figuration Libre soit Robert Combas – qui restera un ami proche – Hervé Di Rosa, François Boisrond, Rémi Blanchard. C’est d’ailleurs lui qui donnera son nom au mouvement dans un article publié dans le magazine Flash Art en 1981.

Les œuvres de Ben sont présentées dans de nombreuses collections internationales notamment celle du MoMA de New York, du Walker Art Center de Minneapolis, de l’Art Gallery of New South Wales de Sydney, du Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig de Vienne, de MUHKA d’Anvers, du Stedelijk Museum d’Amsterdam, du musée de Solothurn, du musée national d’Art moderne de Paris, ou encore du musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice.

Oeuvres de l'artiste