Georges ARTEMOFF

Crédit photo : Archives Marie Artemoff-Testa

Georges ARTEMOFF (1892 - 1965)

C’est à la faveur d’une bourse qui lui est accordée par la Société Moscovite des Amis de l’art que Georges Artemoff vient étudier à Paris en 1913. Il y est accueilli dans l’atelier du sculpteur Ossip Zadkine. La guerre interrompt cet apprentissage : il se porte volontaire. Blessé sur le front, il passe sa convalescence à Bourg Saint-Maurice.
Au même moment, la Russie fait la Révolution… Artemoff rend visite à sa famille et s’engage comme officier de liaison dans l’armée blanche, mais la division à laquelle il a été intégré est évacuée en Turquie en 1920. A Constantinople, il rencontre Lydia Nikanorova, mathématicienne et artiste, qui deviendra son épouse. Georges Artemoff obtient en 1923 son visa pour retourner en France et fournira à Lydia un contrat de travail pour qu’elle puisse l’y rejoindre. Il fonde un atelier de fabrication de bois sculptés et travaille à de nombreuses décorations, parmi lesquelles celle du cabaret de Montmartre, le « Caveau Causasien ». C’est ici, à Pigalle, dans ce Paris nocturne qui s’efforce d’oublier le traumatisme de la guerre, que se retrouvent les exilés de la Révolution russe, princes déchus et grandes dames, forcés de travailler pour subvenir à leurs besoins.

Avec leurs amis cinéastes Volkoff, Tourjansky et Serge Pimenoff, Georges et Lydia Artemoff se rendent en Corse afin d’assister au tournage du film « Les ombres qui passent », pour lequel ils avaient réalisé une partie des décors en studio. Le jeune couple se plait à Bonifacio et décide d’y demeurer quelques temps. L’artiste renoue un lien profond avec la nature, chassant et pêchant avec ses amis corses. Il peint ainsi que Lydia, dans une certaine liberté et en communion avec la nature, des paysages, portraits et natures mortes. Cette parenthèse insulaire est permise par l’obtention d’un marché de panneaux sculptés avec les Etats-Unis qui durera jusqu’en 1929. Mais le krach boursier met fin à cette coopération et les Artemoff doivent rentrer sur le continent. Ils font désormais partie de l’Union des Peintres russes en France. Le couple s’installe à Clamart, où Georges aime faire de longues promenades en forêt. Ils y reçoivent fréquemment leurs amis russes.
En 1931, Artemoff participe à une exposition consacrée aux animaliers à la galerie Edgar Brandt et jusqu’en 1938, il exposera chaque année aux côtés des animaliers au Salon des Artistes Décorateurs, pour lequel il avait déjà obtenu une médaille d’or en 1928. Il présente également son travail dans plusieurs autres galeries, à Paris puis en Province. Certaines de ses œuvres sont acquises par le Ministère des Beaux-Arts pour intégrer les collections publiques. En 1937, il obtient encore une médaille d’or pour ses panneaux sculptés décorant un pavillon de l’Exposition Internationale. Cependant, Lydia tombe très malade. Atteinte d’un cancer, elle est recueillie est soignée par Jeanne Astre, une amie du couple, dans sa propriété à Saint Ferréol près de Revel en Haute-Garonne. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’artiste peine à surmonter le drame du décès de son épouse.
C’est finalement auprès de Jeanne Astre qu’il prendra un nouveau souffle. Il l’épouse en 1942 et une enfant naît de leur union en 1945. Le couple s’installe à Sorèze, en Montagne Noire. Il refuse à ce moment là de rentrer en Russie sur l’invitation de Staline, qui lui propose de venir diriger l’école de peinture de Rostov sur le Don. L’artiste se consacre presque exclusivement à la peinture, montrant régulièrement son travail dans des galeries de la région toulousaine et sur la Côte d’Azur. A Paris, il expose chez Lucie Weill, à la Galerie du Pont des Arts, puis chez Jeanne Castel et chez Gérard Mourgue. A ces occasions, plusieurs institutions muséales font l’acquisition de toiles (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Musée des beaux-arts de Lyon, Musée Goya de Castres, Musée de Sète…).
Georges Artemoff décède à Revel, où il s’était établi avec Jeanne depuis 1952.  Alors qu’il était depuis plusieurs années affaibli par la maladie, il n’avait toutefois pas cessé de peindre.