Charles
CAMOIN

(1877 - 1965)

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Oeuvre indisponible à la vente

Marseille, le quai aux huiles, poissonnières et marins, 1928

Huile sur toile, signée en bas à droite.
65 x 81 cm

Historique : 
Acquis par la galerie Marcel Bernheim, Paris (1928, sous le titre Les Trois poissonnières)
Succession M&Mme Henri Galilée
Collection particulière, France
Galerie Alexis Pentcheff, Marseille 
Collection M&Mme C., Sud de la France

Expositions : 
Exposition Charles Camoin, Galerie Druet, Paris, 1929, n°4
Exposition Inaugurale, Galerie Alexis Pentcheff, Marseille, 2015, reproduit au catalogue d'exposition en p.83. 

Bibliographie : 
Danièle Giraudy, Charles Camoin, Editions les Imprimeries Réunies, Lausanne, 1972, reproduit p.102 et décrit sous le n°313 p.198.
 

" C'est avec appréhension que Charles Camoin s'apprête à voir détruire le canal de la Douane dans sa ville natale en cette année 1927. 
Cette emprise maritime, niée dans son utilité depuis le déménagement des entrepôts de négoce qui l'entouraient, s'était pourtant muée en une pittoresque société nautique de plaisanciers que le peintre aimait fréquenter. 
Une photographie d'époque, parue dans la presse régionale, le montre au chevet du cordon de mer dont les édiles ont déjà signé l'arrêt de mort avec la légende suivante : “Avant qu'il disparaisse, un peintre se hâte de fixer sur la toile le pittoresque et la couleur du vieux canal de la Douane et de ses ponts, qui bientôt ne seront plus que des souvenirs.”
Souvenirs sont-ils déjà sans doute dans ce tableau de 1928, qui conserve pourtant quelques vestiges à l'heure où l'achèvement des travaux de comblement s'annonce.
Subsiste la petite cabane de douane qui trônait à l'entrée du canal et qui vit ses derniers instants, plantée dans un décor où elle n'a plus rien à faire. L'eau semble encore s'infiltrer parmi les remblais qui n'ont pas encore été lissés ni pavés. 
Cette configuration un peu confuse du site en pleine métamorphose ajoute à l'incertitude de son devenir, matérialisée par les trois groupes de personnages qui peuplent cette toile, isolés sur trois langues de terre déliées. 
Quelque avenir que la municipalité Flaissières ait prédit au quartier rénové, la vie portuaire y a en attendant repris ses droits et c'est ici, avant d'aborder l'autre côté du port vers la rue de la Bouterie, que des marins en goguette viennent d'abord guincher."

Giulia Pentcheff, extrait du Catalogue de l'Exposition Inaugurale de la Galerie Alexis Pentcheff, Marseille, 2015, p.82.