Petits et grands voyages

12 janvier - 21 février 2013

Les artistes français à travers le Monde

Cette exposition consacrée au voyage rassemble plus de 150 œuvres d’une trentaine d’artistes français des XIXème et XXème siècles qui se sont rendus hors de leurs frontières : en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord et en Asie. Provençaux et d’ailleurs, c’est depuis Marseille que les hommes en quête d’aventure s’embarquaient pour l’Orient, proche ou lointain. C’est ici enfin qu’ils débarquaient de retour. Tant d’artistes en partance ont en effet passé par Marseille, l’esprit bercé de fantasmes à la veille de lever l’ancre et, parfois bien des années plus tard, les yeux pleins de souvenirs à l’approche de ses rivages. C’est donc tout naturellement que le thème des voyages avait inspiré notre première exposition de l’année 2013, qui vit la consécration de Marseille Capitale européenne de la Culture.

Depuis le XVIIème siècle, le port de Marseille a joué un rôle particulièrement important à l’échelle internationale. Une ordonnance de Colbert en 1669 accorde à la ville le monopole du commerce avec l’Orient en créant un port franc. La chambre de commerce jouit d’un statut particulier et devient le pivot de toutes les opérations qui y sont menées, régulant jusqu’à l’installation de tous les sujets français au Levant. A partir du XVIIIème siècle, ces échanges  commerciaux s’intensifient et les voyages commencent à être moins incertains.
Le siècle suivant marque les débuts de la colonisation, renforçant encore le rôle joué par Marseille « porte de l’Orient ». Des échanges culturels vont naître des échanges commerciaux durables. L’Europe entière se tourne vers cet Orient aussi fascinant que mystérieux, et toutes les branches artistiques en portent les couleurs, particulièrement la peinture. Après la Turquie, l’Egypte et le Maghreb se partagent l’engouement des européens. Un peu plus tard, beaucoup plus loin, l’Orient extrême leur dévoile d’autres charmes. L’Indochine est une nouvelle terre d’accueil, tout aussi mystérieuse et envoûtante.

Au XXème siècle, Marseille reste au cœur de l’empire colonial, si bien qu’elle parvient à arracher à Paris l’organisation de deux événements internationaux qui consacrent son rayonnement : les expositions coloniales de 1906 et 1922. Entre avril et novembre 1906, la première des deux manifestations attire près d’1 800 000 visiteurs, qui ne savent plus où donner des yeux. Mais déjà commencent à se fissurer les fondements de cette société impérialiste et de ce qu’elle représente et l’exposition de 1922 est marquée par de nombreuses manifestations anticolonialistes.
Mais ce n’est pas seulement vers la mer que Marseille propose de s’évader. Elle se trouve, aussi par la terre à un point géographique stratégique, au cœur d’une Europe méridionale, plus proche par les routes de l’Italie et de l’Espagne que de la capitale parisienne.

A travers la sensibilité d’une trentaine d’artistes des XIXème et XXème siècles, qu’ils soient voyageurs occasionnels ou véritables « globe-trotters », qu’ils aient livré la fugace impression d’un lieu seulement entrevu ou l’image plus nette de celui qui l’a déjà pénétré, nous vous proposons des visions aussi singulières qu’inspirées.
Artistes présentés : Louis Antoni, Adolphe Bachmann, Marcel Blairat, Charles Calderon, Alexandre Caminade, Léon Canniccioni, François Corbellini, Vincent Courdouan, Frédéric Dufaux, Georges d’Espagnat, Antoine Gadan, André Hambourg, Emile Henry, Jean-Baptiste Huysmans, Joseph Inguimberty, Gustave Lino, Olynthe Madrigali,André Maire, Jacques Majorelle, Albert Marquet, Paul Pascal, Antoine and Jos-Henri Ponchin, Marius Reynaud, Georges Rochegrosse, Georges Serré, Félix Ziem...