Eclat méridional / Paysages du Sud

15 octobre - 15 novembre 2013

L’exposition que nous avions proposée à la rentrée 2013 s’intéressait à la représentation du paysage dans le Sud de la France à partir de la seconde moitié du XIXème siècle. La présentation de cette exposition avait eu lieu dans un domaine prestigieux, entre Camargue et Alpilles. Cette journée avait été l’occasion de réunir les amateurs autour d’un brunch champêtre dans les jardins du château. L’accrochage avait ensuite été présenté à la galerie à partir du 15 octobre.

L’Ecole paysagiste de Marseille était largement représentée sous le pinceau de ceux qui, les premiers, ont fait de la Provence un atelier à ciel ouvert. C’est une nature aux multiples facettes qui inspire Emile Loubon, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de la ville à partir de 1845. Ce dernier incite ses élèves à peindre sur le motif, favorise les échanges avec ses amis peintres parisiens qu’il invite dans le Sud, suscite l’émulation. Ce pionnier du paysage provençal entraine dans son sillage une génération de jeunes artistes tout en les encourageant à suivre une voie qui leur est propre. A l’arrière-pays aride et poudreux de Loubon, Ponson et Garibaldi répondront par des marines limpides, tandis que Guigou était resté ancré jusque dans sa palette à une minéralité intense.  Sous l’influence des Félibres, le temps semble s’être suspendu dans ce pays qui souhaite préserver sa singularité à travers sa langue ou sa peinture.
Solaire, la Provence a aussi attiré à elle des artistes accoutumés à de plus ternes horizons, qui, frappés par les éclats intenses de la lumière méridionale, souhaitent ne jamais la quitter. Natif de Beaune, Félix Ziem est happé par Marseille où il s’établit, donnant des cours d’aquarelle dans son atelier du port. Puis, dans la cité lacustre de Martigues, gratifiée en cette fin du XIXème siècle du titre de Venise provençale, il se fait construire un atelier refuge aux allures de mosquée. Il n’en finira pas de voyager mais ne s’éloignera pourtant jamais très longtemps de sa terre d’adoption.

Cette attractivité artistique de la région se poursuit et fait de la Provence un terrain d’expérimentation où l’avant-garde confronte ses recherches, autour de Van Gogh, de Cézanne. Tel avait d’ailleurs été le propos du « grand atelier du Midi », l’exposition phare de Marseille 2013 (capitale culturelle), présentée en deux volets au Palais Longchamp et au Musée Granet. La couleur jubile, exulte sous l’ardeur de la lumière. Les fauves sont à l’œuvre et le paysage s’embrase brusquement, comme si la Provence aspirait elle aussi depuis longtemps à cette modernité qui lui garantit la convergence de tous les regards. Seyssaud avait amorcé la charge dans l’arrière pays rustique, Camoin et Manguin ont transmis la détonation sur la Côte d’Azur, où s’installeront dans quelques années Matisse et Picasso.