Antibes Art Fair 2016

16 avril - 2 mai 2016

Pour sa huitième participation au Salon des Antiquaires d’Antibes, la galerie a choisi d’exposer des œuvres au sein d’un stand particulièrement original et innovant grâce à un corner présentant les deux nouvelles activités développées par la galerie : une librairie d’art – Le puits aux livres – et un stand d’encadrements d’exception. Une lumière toute particulière a été apportée à une collection de plus d’une centaine de lettres, dont certaines illustrées, témoignage d’un échange épistolaire considérable et d’une étroite amitié entre deux artistes majeurs du 20ème siècle : Henri Person et Paul Signac.

Toujours ancrée dans la volonté de promouvoir et de mettre en lumière la production des artistes originaires du sud de la France, la collection présentée lors de cet évènement, a permis au public, amateurs et collectionneurs, de découvrir une quarantaine de paysages, portraits et autres scènes de vie peintes à travers les yeux d’artistes tels Charles Camoin, René Seyssaud, Henri Manguin, Louis Valtat et Henri Lebasque, imprégnés par la lumière et l’esprit méridional.

La correspondance de Paul Signac à Henri Person

Après la mort prématurée de Georges Seurat en 1891, Paul Signac, lassé de la vie parisienne et de sa « merde intellectuelle », entreprend un voyage par la voie des eaux : il part de Bénodet dans le Finistère avec Olympia, son bateau, et navigue jusqu’à Bordeaux, il remonte ensuite la Garonne et gagne la méditerranée en passant par le Canal du Midi. Il découvre, après ce long voyage, un village arborant des couleurs flamboyantes et reflétant l’essence même de ce qu’est la Méditerranée : Saint Tropez. Il s’y installe en 1892, émerveillé par la beauté du petit port au sujet duquel il déclarera « Ici, j’ai de quoi travailler pendant toute mon existence ». Il alterne alors entre « la Hune », sa villa où il invite Matisse, Marquet, Picabia, Dufy, Bonnard et d’autres maîtres qu’il tente avec plus ou moins de bonheur de convertir au pointillisme, Antibes et Paris à l’occasion du Salon des Indépendants à l’automne. La première décennie du XXème siècle est marquée par l’arrivée d’Henri Person à Saint-Tropez, à la demande de Paul Signac. Fervents régatiers, ils naviguent ensemble au rythme de la côte d’azur, au moins deux fois par semaine et créent ainsi d’étroits liens basés sur leurs passions communes, l’art et la navigation, mais également sur le partage d’un idéal de vie. Henri Person, particulièrement attaché, comme tant d’autres artistes d’ailleurs, à la douceur de vivre ainsi qu’à la chaleur et la beauté des paysages qu’offrent les côtes Méditerranéennes, entreprend en 1922 la création d’un musée à Saint-Tropez : le « muséon Tropelen », considéré comme le premier musée d’art moderne en France. Ce musée, tombé en désuétude, devient quelques années plus tard, grâce à la veuve d’Henri Person et à l’aide de Georges Grammont, grand collectionneur et richissime industriel, le Musée de l’Annonciade, aujourd’hui reconnu pour la qualité des œuvres qui y sont exposées.
La galerie Alexis Pentcheff en collaboration avec les héritiers d’Henri Person, gardiens d’un véritable trésor artistique, a offert au public l’opportunité de découvrir une centaine de lettres écrites à Person par son ami Paul Signac.

Des écrits qui sont le témoignage d’une vie riche menée par ces grands maitres de la peinture du XXème siècle. Plus qu’une simple inspiration artistique entre deux hommes, cette correspondance qui dura plus de 20 ans (circa. 1905 – 1926, mort d’Henri Person) dévoile l’intensité de la relation partagée, à travers des conversations révélant tant les aspects privés de leurs vies d’hommes et leurs carrières artistiques respectives que l’amour et le profond respect qu’ils éprouvaient pour « la grande bleue » et ses côtes.
Une séance de dédicace de la monographie dédiée à Henri Person et publiée par la galerie a également été organisée au sein du corner Le Puits aux Livres – Librairie d’art by Pentcheff le Samedi 23 Avril 2016 en présence de Madame Marie-Aude Bossard, petite fille de l’artiste.